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Le principe artistique utilisé est celui du déplacement des objets, voire des personnes, qui va rendre possible un questionnement entre l’œuvre et son rapport à la société. Cette délocalisation va prendre forme à partir de ce que Boucherot appelle l’économie parallèle. Il prend particulièrement exemple de ces micro-systèmes d’Amérique du Sud, où les gens survivent en construisant des baracas, en inventant un village dans et avec les matériaux d’une décharge... et c’est de cela dont Marc Boucherot veut faire état et nous donner comme matière à réagir. Il en résulte une série d’objets nécessairement modifiés pour s’adapter à la réalité médiatique de leur nouveau contexte, et les baracas de Marc Boucherot servent aux jeunes pour diverses manifestations allant de la fête de quartier jusqu’à la revendication d’une identité.

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Rubrique : {20. ACTIONS}

DERNIER EPISODE : RETOUR VERS LE FUTUR

Le samedi 2 octobre 2010 par tvbien

La merco a pu quitter Telechiu et a pris la direction de Kosice en Slovaquie, la seconde ville qui sera capitale européenne de la culture en 2013 en même temps que Marseille. Kosice : de loin la ville la plus déprimée que nous ayons traversée, un petit Gdansk au mileu d’un grand village. En arrivant, on tombe très vite sur l’immense chantier "Kosice 2013". Tout autour du chantier, des grandes photos de Marseille prises par des artistes slovaques.Dans l’atmosphère de cette ville genre fin du monde, les photos de Marseille ont l’air de publicité pour le club med. Juste à côté du chantier, une vieille salle de spectacle soviétique en ruine squattée par un groupe d’enfants des rues...que des roms. Ils se défoncent à la colle, assis sérrées les uns contre les autres dans un canapé au milieu de la scène. Entre la planète des singes et un mauvais Lynch. Impossible de distinguer les filles des garçons... Ils tournent le dos à un immense mur déchiré. De là une vue imprenable sur le chantier "Kosice 2013" et les photos de Marseille. Le lendemain, on prend la route pour Zagreb en Croatie. A Zagreb, des pubs partout sur les murs qui annoncent l’expo de Gilbert and Gilles au musée d’art contemporain. Je me dis que c’est l’occasion d’une dernière petite action de pirate. Après tout la merco a enfoncé pas mal de frontières pendant ce voyage...il ne lui reste plus qu’à forcer les portes du musée...pas pour y mourir. Au contraire. Pour perturber (dixit Paul Ardenne). Sans prévenir, je débarque girophare allumé et je prend la rampe qui mène à la grande estrade du musée. Je commence à installer les lettres "Danser" quand arrivent les mecs de la sécu qui ont pas vraiment envie de rigoler. Une minute après c’est la police qui est là. Nadia me promet un divorce à l’amiable si on s’en sort. Heureusement, Leila, conservatrice du musée sort de son bureau. Pour plus de crédibilité, je lui montre mon book constitué principalement des articles de presse de Benoit Gilles et Laurent d’Ancona (Merci les gars). Tout va bien...la merco comme outil de perturbation...ça lui plait. Elle s’installe au volant et prend la pause pour la photo.

L’exposition sauvage finie, on prend la route pour Lubjana en Slovénie où je retrouve le temps d’une soirée arrosée mes vieux amis de Metalkova (une ancienne

usine occupée par des artistes). Bon là c’est bon ...il faut vraiment rentrer...on a plus un rond. Un dernier crochet par Venise pour éviter le divorce et retour à Marseille. ULTIMA ESTATION : MARSEILLE

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Rubrique : {20. ACTIONS}

ÉPISODE 13 : ROMANIE-DALLAS : TON UNIVERS IMPITOYABLE

Le vendredi 24 septembre 2010 par tvbien

ÉPISODE 13 : ROMANIE-DALLAS : TON UNIVERS IMPITOYABLE

Bucarest : encore une fois, c’est Login, le roi des Balkans qui nous met en contact avec Mica Thomas, un activiste roumain de l’association "Active Watch" :

antenne roumaine de Reporters sans frontière, mais surtout groupe très actif en

matière de lutte contre toutes les formes de discrimination. Après avoir mis en place un programme d’initiation au punk pour les enfants roms, Mica Thomas a organisé une réplique roumaine du Paris-Dakar : le Bucarest-Dakar en vieille Dacia (l’équivalent de la R12 locale). Y a comme un air de famille entre ses histoires et "Marseille-Bakou". Du coup, il nous invite dans les locaux de son journal "Kamikaze" pour faire une interview (une sorte de cafard enchaîné local). On prend la route le lendemain direction Oradea dans le nord de la Roumanie. En chemin, miracle...c’est en Roumanie qu’on trouve un champ de puits de pétrole. Demi tour, j’installe la merco dans le champ pour faire des images pendant que Nadia prépare un pique-nique. Après cette pause de pur éco-tourisme,

on reprend la route....turbo folk et manele à fond pour traverser la Transylvanie. Arrivé à Oradea, on retrouve Marian Daragu , un sociologue rom qui

est à la tête de la fondation "Fundatia Ruhama". Son crédo inspiré des Black panters "Fier d’être rom". Il nous emmène à Telechiu, une communauté rom pour laquelle la fondation a construit une route et quelques maisons en briques. Cette communauté est si pauvre qu’aux dernières élections, les politiciens ont acheté le vote rom en distribuant du SALAMI !!! De la route du village, impossible d’imaginer qu’il y a de la vie à cet endroit. Quand on arrive, c’est un autre monde très différent de Shutka : une vraie minorité invisible....une favela de campagne bien loin des clichés gadjo-dilesques : des roms sédentaires

qui habitent dans des cabanes au milieu des ordures...pas d’électricité, pas d’eau, et des rats. Certains d’entre eux ne sont jamais allés à Oradea, la ville

la plus proche à peine à 30 kms ! Alors forcément, l’arrivée de la merco-cirque déclenche une émeute. Les gosses ouvrent d’abord grands les yeux en voyant la voiture, mais une fois la surprise passée, c’est des dizaines de minots qui sortent de partout et prennent d’assaut la voiture. Ils montent sur la merco qui

sous le poids touche carrément le sol. Me voilà au milieu d’une nuée de pirates en folie avec des têtes d’un autre monde : cheveux rasés ou décolorés, sourcils rasés à la Taxi driver pour certaines filles, plusieurs couches de vernis à ongles sur les mains des petites filles et des garçons. Tous veulent voir mes tatouages. Ils m’enlèvent ma chemise...et poussent des grands OUAAA !! à chaque fois qu’ils découvrent un nouveau tatouage. Me voilà transformé en dessin animé ambulant...Plus possible de quitter Telechiu. Proxima estation : Kosice en Slovaquie (Second Cities : interface 2013)

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Rubrique : {20. ACTIONS}

Episode 12 : "L’AIDE AU RETOUR VOLONTAIRE"

Le mercredi 22 septembre 2010 par tvbien

Episode 12 : "L’AIDE AU RETOUR VOLONTAIRE" : Merci aux Winners.

Bakou : plusieurs indicateurs suggèrent au voyageur qu’il est bien dans une république bananière tenue d’une main de fer par l’oligarchie locale et la famille Alyev : le plus grand drapeau du monde surplombe la ville, partout des photos et des statues d’Alyev père et fils, des "Alyev Supermarkets". Dans l’ hypercentre tout neuf de Bakou, on se croirait à Dubai : que des boutiques de luxe, tout brille même le sol. Autour, des constructions souvent sans électricité

ni eau, mais bon ça se voit pas, parce qu’ici on dirait qu’on prend grand soin des façades ! Presque plus qu’ailleurs la merco perturbe le paysage...alors on en profite pour faire des photos d’abord devant la mosquée de Bakou et ensuite devant le fameux "MINISTERE DES SITUATIONS D’URGENCE", seule organisation autorisée à déployer des troupes dans le pays sans autorisation du parlement...pratique pour les manifestations.On se dit qu’il faut quitter Bakou avant d’avoir des problèmes. Sur la route, on croise plusieurs puits de pétrole...et je décide de faire quelques photos de la mercedes devant les puits.On croise un barrage de police qui nous calcule pas. On installe la merco devant les puits, quelques photos et là ça commence. Une première voiture de flics s’arrête. Il sorte à trois et commence à crier. Le temps de se faire comprendre, c’est d’autres voitures qui arrivent en renfort. L’un des policiers avec une tête d’olive, des yeux de poisson et des dents en

or m’explique que nous venons de violer une propriété de l’Etat et donc de la famille Alyev et que c’est très grave. Il me dit en gros : soit tu

payes tout de suite 5000 euros, soit tu sors pas d’Azerbaidjan et direct la case

prison pour 1 mois minimum. Le mec lache rien et pour être sur que je comprenne bien la gravité de la situation appelle plusieurs fois au téléphone son supérieur qui parle

anglais et qui me dit que j’ai intérêt à payer, sinon ils vont lancer une procédure officielle et là ce sera mort. Je demande à appeler l’ambassade de France. Pire, le gars ajoute que je peux sans

problème appeler, mais qu’ici c’est pas la France qui décide. Nadia commence à crier et à pleurer...les flics tapent comme des fous sur la voiture. Rien à faire, les flics la prennent par le bras pour la faire rentrer dans la merco et lui disent "No

Madame, No Madame, no ???". Elle est verte. Maintenant c’est dix voitures qui encerclent la merco. Je leur dis que j’ai pas l’argent. Pas le choix, il faut payer. Il nous reste 1200 euros planqués dans une enveloppe à l’arrière de la

voiture et qu’on gardait pour les "situations d’urgence" et surtout pour rentrer. Je suis obligé de la sortir sinon ça risque de nous coûter beaucoup plus cher. Pas de cul, le flic à la tête d’olive veut plus et propose de nous accompagner

à une banque pour retirer...De la pure science fiction ! Il prend le volant de la merco, demande à Nadia de lui garder sa casquette et roule à fond jusqu’à une

banque. Dans un de mes moments de pure inconscience...je sais pas ce qui me prend... je

ressors l’appareil pour prendre tête d’olive en photo, histoire d’ immortaliser ce grand moment de "Marseille-Bakou" : Une merco de gitan représentante off-ficielle de Marseille capitale européenne de la culture en 2013 conduite à fond la caisse à Bakou par un flic de la mafia azérie qui nous amène retirer de quoi payer son loyer et de quoi financer un nouveau sourire en or ! Si ça c’est pas de l’ échange culturel ! C’est trop...il l s’énerve...on manque de se prendre un camion. No photo ! Il me fait effacer la photo. On arrive à la banque et impossible de retirer de l’argent. La carte ne marche plus. Tête d’olive insiste...et me dit que les français sont

plus riches d’habitude...Je lui explique que je travaille pas dans une compagnie

de pétrole et je lui dis : "mais moi Monsieur je suis peintre !?! (N’importe quoi), Arrrtist-Culturale-Popular No Money. Je lui montre les boîtes de vache qui rit et le pain pourri qu’on avait dans la voiture..".Vache qui rit ...no money". Il finit par comprendre qu’on est vraiment à payole et accepte de nous laisser repartir. Il reprend le volant de la merco, s’arrête en chemin pour faire ses courses et nous ramène à fond là où on avait été arrêté. Il nous fait effacer les photos de la merco devant les puits de pétrole. Malheureusement, il faut reprendre la route et quitter nos nouveaux amis de la mafia. On se dit au revoir en promettant de revenir l’année prochaine avec

d’autres "peintres todos countries" pour un autre de ces échanges interculturels

si enrichissants. La route jusqu’à Tbilissi sera de loin notre pire trajet : 1) Nadia me met la pression pour quitter au plus vite l’Azerbaidjan...mais ici limitation de vitesse entre 30 et 60km/h 2) on se fait arrêter tous les 50 kms. Même histoire, ils veulent de l’argent mais on a plus rien. Je distribue des tee-shirts. 3) Et pour finir, on a grillé le

budget retour : plus un rond pour rentrer en France. Quelques heures après : la frontière avec la Géorgie, même scénario qu’à l’entrée. Nadia passe vite mais moi je dois lâcher des tee-shirts du conseil général pour passer. Nous revoilà en Géorgie. Arrivé à Tbilissi, il faut sauver "Marseille-Bakou". La merco souhaitant partir volontairement du Caucase doit solliciter l’aide au retour auprès des Winners. J’appelle du ccf mes amis Rachid et Dany des Winners qui acceptent de financer " l’aide au retour " au titre de "développement solidaire de

Marseille-Bakou" et des migrations de la merco. Il faut sauver Trotinette !!! On

reçoit l’argent dès le lendemain matin via western union. Mais on est pas au bout de nos peines. Techniquement il est très difficile de quitter le Caucase : 1) Impossible de traverser les régions séparatistes de Russie. 2) L’Ukraine ne délivre plus de visa aux français. 3) Le seul ferry qui

relie la Géorgie à la Bulgarie est en panne, bloqué au port de Poti pour un mois. 4) Pas le choix, il faut retourner en Turquie et tenter de prendre un bateau à Trabzon pour traverser la mer noire. Au final, pas de ferry Turquie-Bulgarie, mauvais coup... il faut donc retraverser la Turquie, cette fois par le Nord. Epuisé et sous perfusion de redbull, je roule en mode fou du volant. Bonne performance : on traverse la Turquie en 24 heures ! On dort

quelques heures dans la merco à la frontière avec la Bulgarie, côté bulgare mais

en face du Mustapha Market. Le matin on reprend la route...direction la Roumanie-Bucarest. Tout va bien...comparé à ce qu’on vient de passer c’est presque des vacances...la merco dans les Balkans, c’est comme jouer à domicile. On arrive à la frontière avec la Roumanie...là en voyant que la voiture était hyper chargée, les douaniers nous demandent plusieurs fois : Two people ??? Are you sure ? Controle rapide des affaires accumulées à l’arrière histoire de vérifier qu’on transporte aucun passager clandestin et ça passe : WELCOME IN ROMANIA ! Vrai miracle de ce voyage : c’est du pays des Roms que je vous écris l’épisode de "L’ AIDE AU RETOUR VOLONTAIRE". Proxima estation : Slovaquie.

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Rubrique : {100. LIENS}

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Le vendredi 13 août 2010

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Rubrique : {0. MARC BOUCHEROT}

Artiste interventioniste

Le lundi 2 août 2010


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Le principe artistique utilisé est celui du déplacement des objets, voire des personnes, qui va rendre possible un questionnement entre l’œuvre et son rapport à la société. Cette délocalisation va prendre forme à partir de ce que Boucherot appelle l’économie parallèle. Il prend particulièrement exemple de ces micro-systèmes d’Amérique du Sud, où les gens survivent en construisant des baracas, en inventant un village dans et avec les matériaux d’une décharge... et c’est de cela dont Marc Boucherot veut faire état et nous donner comme matière à réagir. Il en résulte une série d’objets nécessairement modifiés pour s’adapter à la réalité médiatique de leur nouveau contexte, et les baracas de Marc Boucherot servent aux jeunes pour diverses manifestations allant de la fête de quartier jusqu’à la revendication d’une identité.

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